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Face à la menace fasciste, pas une seule voix ne doit manquer au Nouveau Front Populaire !

Depuis plus de 40 ans, nous assistons à une double démarche de la classe médiatico-politique au service de la bourgeoisie. D’une part, celle qui consiste à polir l’image du Front national, puis du Rassemblement national pour les faire apparaître non plus comme fascistes, mais comme de droite radicale, populistes ou encore souverainistes, c’est-à-dire comme des partis « normaux » de la classe politique d’un État bourgeois. D’autre part celle qui consiste à reprendre, lentement mais sûrement, les thématiques xénophobes de l’extrême-droite.

Parallèlement, l’alternance « droite/gauche » n’aura servi qu’à démanteler tous les conquis sociaux et démocratiques de la lutte du prolétariat de 1936, 1945, 1968, démantèlement que la construction de la prison des peuples qu’est l’Union européenne ne fait qu’accélérer. L’implosion du bipartisme remplacé par la macronie rassemblant les libéraux de droite et de gauche, de plus en plus confrontée aux résistances populaires et syndicales, est de moins en moins en capacité à poursuivre la destruction des conquêtes sociales et démocratiques.

Dans le contexte de crise générale du capitalisme, l’impérialisme français pourrissant est aussi en crise, en recul en Afrique face au soulèvement des peuples. Les néo-colonies de la Françafrique – Burkina Faso, Mali, Niger, le Sénégal aujourd’hui – avancent vers l’indépendance nationale réelle.
L’extrême-droite française a grandi dans l’imaginaire colonial et se perpétue dans la défense de l’impérialisme français. Face au recul de la France impérialiste, la bourgeoisie prépare la contre- attaque et les guerres pour tenter de reprendre les territoires qui lui échappent. Si Macron est apparu un temps comme celui qui pourrait à la fois assurer la destruction méthodique des acquis sociaux et des droits démocratiques, il semble bien que la grande bourgeoisie s’apprête à nous faire passer un cap dans la fascisation, que Macron ne suffit plus pour assurer la défense de leurs intérêts et qu’il faut passer à la vitesse supérieure.

Face à la fascisation de l’Etat français, il est à noter que la ligne de la France Insoumise (FI) est celle qui a le plus résisté, notamment sur la défense sans ambiguïté de la Palestine. C’est bien cette ligne qui a mobilisé les quartiers et les villes populaires et qui a permis à la liste FI de progresser dans ces élections européennes. Le progrès de la FI dans les classes populaires est aussi dû à l’engagement des populations issues de l’immigration coloniale et post-coloniale : la « nouvelle France » multiculturelle et multi-ethnique se politise dans le cadre de la lutte anti-impérialiste, anticoloniale et anti-libérale.

La dissolution de l’Assemblée nationale par Macron dimanche dernier est une attaque frontale contre le prolétariat. En effet, cette tactique lui permet d’ouvrir un boulevard au fascisme après les élections européennes où Bardella est ressorti en tête avec 31% des suffrages exprimés.

Mais qu’on ne s’y trompe pas ! La tactique du fascisant Macron est double : il ne s’agit pas simplement de provoquer un « duel » RN / Renaissance où le parti présidentiel apparaîtrait comme un « rempart » contre le fascisme… Qu’il perde ou qu’il gagne, sur ces législatives anticipées, Macron est gagnant, car son parti n’est pas « Renaissance », son parti c’est la bourgeoisie, ce sont les milieux d’affaire ! Pour assurer sa politique libérale au service du grand capital, il a opté pour la fascisation du pays, pour la broyeuse sociale, liberticide et guerrière. La crise générale du capitalisme amène le fascisme aux portes du pouvoir.

Au moment où le RN paraît écraser les autres partis, le choix du délai le plus court pour l’organisation des élections législatives vise à empêcher une vraie campagne ; Macron comptait aussi sur le fait que la « gauche » aurait été incapable de s’unir pour présenter en si peu de temps un front uni.

La classe ouvrière et le prolétariat dans son ensemble ont subi Macron et sa clique pendant 7 ans. Le résultat d’un peu plus de 14% (soit 7% réels) de la liste Renaissance est le symptôme du rejet de la politique libérale et liberticide de Macron et de ses gouvernements.

Le RN a voté entre 30 et 40% des lois de Macron. Il développera le même libéralisme, mais dans le cadre d’une violence exacerbée contre les travailleurs, les syndicalistes et les immigrés.

Le fascisme, c’est la violence extrême de la bourgeoisie contre le prolétariat et les immigrés. Si la lutte du prolétariat se verra encore plus criminalisée et réprimée par les fascistes, la population immigrés avec ou sans papier sera la cible de toutes les brimades, de toutes les humiliations.

En France, il a déjà le pied dans la porte, mais il est toujours temps de la lui claquer au nez !

Dans ce contexte de faiblesse des mouvements politiques de gauche, la nécessité d’un front anti- fasciste émerge pour barrer la route du pouvoir aux fascistes. Le « Nouveau Front populaire » ne représente pas le front populaire idéalisé de 36, du fait bien sûr de la brutalité de la stratégie du choc de Macron, lui interdisant le temps nécessaire au débat et à la construction, mais, aussi du fait de l’absence d’un véritable parti communiste comme le fut le PC d’antan pour le soutenir organisationnellement et idéologiquement.

En dépit de certaines faiblesses de son programme, notamment sur les questions internationales où il y a encore trop la tendance à s’aligner sur la doxa dominante pro-américaine, ce « Nouveau Front populaire » n’en reste pas moins le seul moyen d’empêcher temporairement et transitoirement l’accession au pouvoir du RN et de casser la dynamique des partis de droite et ceux de la macronie qui organisent la fascisation de la France.

L’heure n’est pas aux tergiversations, il n’est plus question que d’un seul temps : celui de l’unité pour un rebond anti-fasciste, démocratique et progressiste. L’heure est à garder un cadre le plus démocratique le plus longtemps possible pour pouvoir nous organiser et pouvoir construire un projet social progressiste.

Qu’il y ait des sociaux-démocrates capables de trahir immédiatement le front après l’élection, est une possibilité, contre laquelle seule la mobilisation populaire permanente permettra de nous prémunir.

Par contre, le fait que les fascistes rogneront ce qu’il nous reste de droits démocratiques et de droits sociaux est une certitude. Il faut freiner par tous les moyens l’accession au pouvoir des fascistes RN et de leurs alliés.

Repousser le fascisme, même momentanément, est une nécessité. Ce combat est multiforme, sur les lieux de travail, dans la rue, mais aussi dans les urnes.

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